Critique de l'éducation de la personne en EPS

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Nous avons montré que le défi que doit relever l'EPS d'éduquer la personne au travers le corps est particulièrement complexe pour les enseignants d'EPS. Ils doivent réaliser un véritable tissage entre les connaissances, les capacités et les attitudes. Il joue au funambule au risque de tomber dans plusieurs travers que l'on peut brièvement lister. Le premier est la « dérive intellectualiste » que dénonce particulièrement R. Dhellemmes (L’EPS mise en questions par l’évaluation, in Méthodologie et didactique de l’éducation physique et sportive, AFRAPS, Clermont-Ferrand, 1989). L'élève pratique de moins en moins et troque de plus en plus son maillot contre un stylo et une fiche pour évaluer, s'auto-évaluer, co-évaluer, étudier une situation, construire une schéma d'attaque... Au point que l'EPS se vide de son sens et de son essence. À l'inverse le deuxième écueil serait de favoriser la pratique pour la pratique, de tomber dans une dérive que l'on peut qualifier de pro-sportive. Ce qui compte avant-tout ce sont les performances. Penser naïvement qu'atteindre ceux-ci implique d'éduquer la personne comme ce qu'affirmé Herzog dans les années 1960 où le sport est éducatif par lui-même. Un autre écueil est de perdre une certaine légitimité au niveau social. Comment expliquer à un parent d'élève à qui son fils est arrivé premier à une course qu'il a une moins bonne note que celui qui est arrivé à la dixième place parce que son projet de course n'était pas bon? C'est un défi pour le professeur d'EPS qui encore, dans l'imaginaire collectif, est bien souvent associé à un "prof de sport" ou un animateur. L'éducation de la personne est un concept bien flou et particulièrement multifactorielle. Viser cette finalité en EPS est un véritable défi mais en même temps est le gage pour être légitime en tant que discipline scolaire.

Dissertation / Partie / Argument